fratello mio ce petit homme qui descend fièrement l'escalier de l'appartement de son père une guitare à la main tu vois cet étui tu devines cette guitare cette Epiphone que tu m'as confiée malgré toi malgré moi il y a bientôt 20 ans jour pour jour cette guitare et toutes ses petites soeurs puisque depuis cette froide nuit d'hiver tu n'allais plus jamais y toucher ce petit homme figlio mio il descend fièrement l'escalier une guitare à la main une guitare que je lui ai confiée celle de son oncle qu'il n'a pas connu dont je lui ai beaucoup parlé il s'en va fièrement à la première répétition de son premier groupe il a l'âge que nous avions quand nous avons commencé fratello mio il y a une éternité
avec quelques amis nous plaquions les mêmes accords sur ces manches en bois avec rage et ce fut comme une révolution dans les quartiers qui dormaient depuis trop longtemps tu vois
de là haut ce petit homme qui a un peu de ton sang dans les veines s'accroche aux cordes de cette guitare avec la même impatience et pourrait bien nous étonner toi comme moi
sur cette petite scène de collège
en cette fête de fin d'année qui ressemblera à n'en pas douter à cette première scène d'école primaire
où nous avons croisé le fer pour la première fois tu t'en souviens fratello mio il y a une éternité je l'aime ce petit homme comme je t'ai aimé et comme je t'aime encore infiniment le grand jour n'est pas loin
où le petit homme donnera ce premier concert et je sais déjà que j'aurai du mal à retenir mes larmes
pour un frère disparu mais pas tout à fait une guitare qui s'est tue mais pas tout à fait
Un supplément d'âme pour clore cet été hors du commun
Soul estampillée 2020
cette année n'aura pas été vaine Arlo Parks,
un père nigérien, une mère moitié tchadienne/moitié française
elle grandit néanmoins à Londres
elle héritera, de sa mère le spleen de Brel ou de Piaf
Fela Kuti, Charles Mingus, Coltrane ou Miles Davis, de son père,
et d'une belle collection de vinyles du tonton
elle se nourrit autant de hip-hop (the roots) que de jazz et de soul (Aretha Franklin, Al Green)
c'est Lily Allen qui entend son premier titre (Cola) à la radio,
tombe sous le charme,
et partage à qui veut l'entendre
(la bonne fée) Arlo Parks écrit "super sad génération" mais le titre est trompeur, "il y a beaucoup à dire sur cette génération Z c'est vrai, mais elle est aussi vibrante, super créative et porteuse de plein de bonnes choses".
aucun doute
en boucle sur ma platine
jusqu'au prochain confinement
et au delà
voilà Goa Express,
jeunes lads de Burnley (Angleterre),
James douglas Clarke (guitares)
Joey Stein (guitares)
Joe Clarke (clavier)
Naham Muzaffar (basse)
Sam Launder (batterie)
leur fougue fait des miracles,
comme ce titre Goa
qui pourrait ressembler à tant d'autres
mais qu'ils balancent à fond de cale
comme si leur vie en dépendait
et explosent l'affaire en 1 minute 40 chrono
et ça fait toute la différence
c'est court
mais c'est bien assez pour faire chavirer les premiers rangs
Serra Petale (ça ne s'invente pas), guitare lead
Carolina Faruolo, guitare
Josephine Jonnson, basse
Nic Crawshaw, percussions,
et Augustina Ruiz au keytar
Jeunes pousses britanniques (à peine deux années d'activité au compteur)
proposent des instrumentaux proches de l'esprit Venture, shadows, etc..(vous saisissez?)
mâtinés de cumbia,
voire de garage rock psychédélique
(dans l' esprit, plus que dans la facture, mais c'est déjà beaucoup)
Les jeunes filles ont choisi (ou l'inverse, allez savoir) Alex Kapranos (Franz Ferdinand) pour peaufiner leurs méfaits
J'y ai trouvé une parenté joyeuse avec le tant aimé "Egyptian Reggae" du vénéré Johnatan Richman (et ses Modern Lovers), qui nous avait fait oublier, en cette année 1977, l'espace d'un instant, la fureur du Punk naissant
Et comme cette année, plus qu'aucune autre auparavant, la rentrée est plus qu'incertaine pour chacun des êtres vivant sur cette planète, je vous propose une alternative à la déprime, dans un baroud d'honneur et avec l'aide de ces jeunes filles exemplaires
Dansons sous le soleil jusqu'à perdre haleine
Tant qu'il nous reste du souffle
(photo: Paul Bachmann) Fontaines DC,
qui avait déjà posé une mini bombe dans ces pages, à l'époque, avec un extraordinaire "big", et sa vidéo radicale,
c'était il y a un peu plus d'une année,
et ils étaient encore peu de choses,
mais déjà brillants,
depuis, ils ont intégré (entre autre) la playlist de FranceInter,
(oui, oui, testé cet après-midi sur le parking du fameux Intermarché de Magny.
bonne adresse)
c'est vous dire le chemin parcouru.
parfaite chanson d'amour
post confinement,
s'il fallait ponctuer cette période trouble,
ces énervés Dublinois ont trouvé les mots,
(écoutez ce texte, traduisez-le si nécessaire,
c'est beau comme du Lalanne
enfin, presque)
ils reviennent,
et nous rappellent à quel point le rock (gros mot)
est moribond
puisqu'à part eux, et une poignée d'aficionados,
..hum, hum
Mais ces furieux irlandais bossent aux Urgences,
et maitrisent les soins comme personne,
raniment la bête,
pour un nouveau chapitre!
C'est la fête.
applaudissements (fournis) aux balcons
Fontaines DC est leur nom A hero's death
leur nouveau fait d'armes,
et je pèse mes mots.
Voilà le parfait combo qui additionne, sans vergogne,
tout ce qui, d'ordinaire,
m'encourage à passer mon chemin:
en français dans le texte
-ouch, périlleux
(mais bravo d'essayer)
pratique l'hommage sixties, et dansant
-aïe, comme tant d'autres
(il doit y avoir une raison)
blouson doré
-pfff, Anna, fille cadette de Le Clézio
(mais restons objectifs)
après the Liminanas, qui surfent sur la même vague rétro/tiède
(un peu surestimés, à mon goût)
voici la nouvelle coqueluche des playlists Radio Nova: Juniore
Et bien soit
en ce mois de mars humide à pleurer
ne boudons pas la chose
et laissons-nous aller
en attendant des jours meilleurs
et qui sait, il se pourrait qu'ils soient encore à tourner sur nos platines
aux premiers rayons de soleil
Anna Jean, voix et textes
(conception pochettes, et vidéos)
Swanny Elzingre, aux tambours
et Samy Osta, musicien producteur
(qui travaille pour La Femme ou feu ! Chatterton, par ailleurs)
pour illustrer le propos
cette petite chose mi-Morricone, mi-B 52's
On a aimé pire
Drôle de nom, "Jaialai" pour ce combo de Miami (Floride), qui pratique un léger rock garage teinté shoegaze, voire afro-cubain (voisins), que le commun des mortels (paresseux) résumera par psyché.
Soit,
Effaçons l'étiquetage d'usine et jugeons par nous-mêmes:
Cette contrebasse (Mario) qui chaloupe et ondule cette petite chose, de bout en bout,
sur une rythmique fidèle et régulière (Ricky)
le tout nappé des guitares cristallines d' Oscar et Mario,
transporte la voix éthérée de Jovi pour un voyage de 3 minutes 14.
Il n'en faut pas plus pour faire passer la Floride,
de
terre d'accueil pour retraités fortunés,
à
nouvel eldorado indie de la côte Est.
C'est dingue ce qu'on peut faire en 3'14".
D'accord,
c'est exagéré.
Mais
ces gars là..
s' ils persistent
et se reproduisent,
C'est l'heure du bilan
Où nous constatons que l'année fut, somme toute, intense
Serrée
Avec, une fois encore, des jeunes à crans
Et des moins jeunes toujours sur la brèche
Et,
en moins de temps qu'il ne faut pour remplir les deux faces d'un vinyle 80 grammes,
2019 tire sa révérence, et nous laisse sur les rotules
C'est bien
C'est court
Mais c'est bien
Demain,
il vous faudra une compile
pour danser moins cons
dans vos boots anglaises
Mi décembre1979.
J'occupais fièrement mon premier appartement,
rue Marchant, à Metz.
Pas de chauffage,
les toilettes dans le jardin,
l'électricité 110v,
un évier,
eau froide.
Le punk vivait bravement ses dernières heures.
et j'avais l'impression de le suivre.
J'appelais la vallée pour prendre des nouvelles,
et ce jour là, mon frère agrippa le téléphone pour m'annoncer
la sortie d'un nouvel album des Clash.
Qu'il fallait ABSOLUMENT que j'écoute. London Calling avait déjà changé sa vie,
et allait rapidement
(à la première écoute)
changer la mienne.
Après les années explosives,
d'un mouvement radical et violent,
les Clash ouvraient une brèche, en jetant un oeil furtif dans le rétro,
histoire de repêcher quelques anciens qui trouvaient grâce à leurs yeux.
Ce sera Montgomery Clift (The Right Profile)
Vince Taylor (Brand New Cadillac)
ou encore Guy Stevens, producteur de l'album,
qui avait travaillé avec Mot The Hoople et The Faces.
En mêlant aux riffs rageurs des débuts,
des éléments Rockab', dub, folk et (presque) jazz,
le punk pouvait espérer un futur.
Ce grand disque foisonnant ouvrait la voie.
Je n'entendrai plus jamais mon frère s'exciter autant sur la sortie d'un album.
Inoubliable.
Le disque se raya définitivement
pour lui
23 ans plus tard.
Mi décembre 2002.
Et aujourd'hui, en écrivant ces lignes,
London Calling résonne précisément dans ma tête.
Alors j' ai 19 ans,
et mon frère, 20.
Et je suis heureux
que nous soyons à nouveau ensemble.
tell your ma, tell your pa, everything's gonna be alright
(Revolution Rock)
Salut Pipo,
je pense à toi, cet hiver
et au printemps tu seras encore là,
puisque je ne t'oublierai jamais.
L'automne est morose,
comme il se doit.
La fatigue, d'une fin d'année laborieuse, se fait sentir.
L'humeur est au plus bas.
Et,
cerise sur le gâteau sec,
pas une nouveauté
qui ne séduise mes esgourdes depuis l'été.
depuis l'été?
Pfff,
alors je me retourne,
rebrousse chemin,
et retrouve l'histoire là où je l'avais laissée.
Et c'est tant mieux,
car il y a du nouveau..
Sans avoir l'air d'y toucher,
du fond d' un canapé,
une bière à la main,
ces branleurs, qu'on avait quittés en formes,
nous donnent encore de quoi rêver.
Généreux.
Des rêves en carton, certes.
Mais des rêves tout de même. Honkies,
qu'on ne présente donc plus, puisqu'ils ouvraient le bal (ici) en ce début d'année,
nous reviennent, en pleine saison des guirlandes, comme pour nous rassurer.
Tout n'est pas perdu.
Ils ont les ingrédients (à la louche) et la bonne recette (griffonnée).
Il n'y a plus qu'à mettre le feu (au sapin).
On dit merci.
Une vieille connaissance, Sam Coomes,
qu'on avait croisé en couple, ici même,
il y a déjà six étés,
avec sa tendre et bien aimée Janet Weiss, à la batterie.
Magnifique, drôle et bruyant duo: Quasi.
Ils sillonnent toujours les routes, sans perdre le cap,
mais, comme à leur habitude, sur le bas côté.
Multipliant les side projects, pour tromper la lassitude,
comme celui-ci pour Sam.
Seul derrière son vieux clavier,
duquel s'échappent quelques notes rythmées
qui évoquent instantanément le 96 tears
de Question Mark & the Mysterians.
Un hommage bien senti plutôt qu'une pâle copie désincarnée,
comme trop souvent.
Et c'est tout le talent de Sam Coomes.
Juste,
comme il faut,
comme on aime.
Ils se nomment SQUID (calmar, ou calamar, les deux sont acceptés)
et, ne vous fiez pas à leur nom,
sont plutôt durs pour des mollusques,
avec un batteur-chanteur (Oleg Judge), énervé comme il faut,
par des fins de mois difficiles (lyrics),
avec une guitare, une basse, un clavier,
mais aussi une trompette, et c'est ce qui m'a plu, car c'est un instrument très difficile.
ils vivent à Londres, depuis peu,
mais sont originaires de Brighton,
(station balnéaire,
bord de mer, donc,
crustacés, mollusques,
calmars.CQFD)
leur dernier single s'intitule "Houseplants" (plantes d'appartement),
et nous allons l'écouter très fort.
Les voisins ne viendront pas se plaindre.
à 40°, personne ne bouge.