mardi, avril 20, 2021

On dirait le sud















(photo Annie Tobin)

Le multi-instrumentiste-producteur Miles Romans-Hopcraft 

originaire du sud de Londres

aka WU-LU

incorpore dans un melting-pot hybride en constante évolution 

des ingrédients de funk, soul, voire jazz 

à des sons hip hop chahutés par un punk radical

c'est nerveux

jamais convenu

et pourtant évident dès la première écoute

comme ce dernier titre en date "Times"

Puissant

WU-LU se définit comme : "quelqu'un qui aime créer sans slogan ni genre"

Il reste néanmoins proche du mouvement Black Lives Matter et déclare :

«Je suis une personne de couleur. Je serai toujours une personne de couleur 

Je parlerai toujours de ce point de vue

Je fais ce que je fais à travers mes propres expériences

Si cela a un caractère politique, qu'il en soit ainsi 

mais je n'essaie pas ouvertement de faire de déclarations politiques"


nous non plus

(pas ouvertement)

une déclaration d'amour

tout au moins

pour ce bel OVNI


















samedi, mars 06, 2021

Le banjo de Bristol










Kate Stables et son banjo, tous deux originaires de Bristol forment, 

avec l'aide de quelques amis, le groupe de folk rock This is the Kit

Le premier album est produit, à Bristol, par John Parish (qui en a produit d'autres, Eels, Giant Sand, et quasi toutes les notes de PJ Harvey)

Le deuxième album est rempli d'invités dont Jim Barr, bassiste de Portishead (Bristol, toujours)

This is the kit signent en 2017 sur le label Rough Trade 

et voici déjà le cinquième album dont est issu cet entêtant single:

this is what you did

sorti l'été 2020 

mais toujours d'actualité

puisque le monde s'est arrêté 


et s'il doit tourner à nouveau,

le monde,

ce sera peut-être accompagné d'un banjo

à Bristol, c'est chose sûre


dans mon salon

aussi

(photo-Coolen Caroline)







samedi, janvier 30, 2021

Velocità










Puisqu'il s'agit d'aller vite
pour nous éloigner d'une bestiole virale
d'une vilaine météo
d'un week-end pourri
d'un isolement pesant
d'un ras le bol général, il me semble 
voici la bande son de votre course:
Le Goa Express
qu'on avait déjà croisé l'été dernier
qui allait déjà vite
et qui n' a pas perdu le sens du rythme

ça fuse
à toutes berzingues
c'est plein de morgue
et de morve au nez
de bière
et de guitares
et comme disait le brave Raymond Carver:
c'est pas grand chose, mais ça fait du bien
Atchao
bonsoir





jeudi, décembre 31, 2020

NON ESSENTIEL

Il aura suffit d'un oursin malveillant

minuscule

mais très motivé

pour nous plonger dans l'obscurité totale

de longs mois

avec pour certains

dont je fais partie

le fâcheux sentiment d'avoir fait des choix de vie discutables

au service de...hum, hum, l'expression artistique

pour faire court

dont la terre entière semble pouvoir se passer

et pourtant il y avait du monde au balcon, cette année (re-hum hum)

pour échanger, partager, exprimer cette furieuse envie de musique, 

de chansons, de textes, de performances, de sons,  de joutes, 

ou de blagues libératrices dont ces longs moments de cloisonnement nous privaient.

Certains ont, tant bien que mal, essayé de proposer du neuf

mais ils n'étaient pas nombreux

j'ai retenu ceux qui avaient réussi à me sortir de ma torpeur

et les voici compilés pour clore cette mortelle année

qui ne nous aura fait aucun cadeau

Si le coeur vous en dit

voilà de quoi danser 

en boucle

toute la nuit

puisqu'il nous est interdit de nous croiser

avant l'aube

avant des jours meilleurs


https://soundcloud.com/zzm/compile-extraordinaire-2020?in=zzm/sets/blog-96




mardi, décembre 15, 2020

ESSENTIEL












fratello mio,

Il y a 18 ans déjà

tu rentrais d'un concert

tu prenais un dernier verre

et tu t' endormais 

dans ce bar où je t'ai retrouvé en pleine nuit

Il y a quelque chose en moi qui n'a jamais quitté cette nuit

18 ans plus tard, ce sont les concerts qui se sont endormis

tu n'aurais pas aimé 

Cette pandémie qui a fait se taire depuis de longs mois tout ce pour quoi tu vivais

Je t'imagine, pour y avoir pensé

rire de ce confinement que tu t'étais naturellement imposé depuis ton enfance 

depuis ce jour où tu as découvert cet instrument que tu ne quitteras jamais

et avec qui tu t"es isolé des heures, des mois, des années

pour devenir ce musicien exceptionnel

mais 

ne pas pouvoir partager avec d'autres ce répertoire qui s'étoffait de jours en jours,

pfff

tu n'aurais pas aimé

alors 

nous aurions peut-être échangé quelques notes par écrans interposés

nous aurions bien trouvé une combine pour partager un peu 

cette musique qui nous reliait depuis toujours

les salles de spectacles se sont tues, 

et les estrades au fond des bistrots restent vides

tu n'aurais pas aimé

tu t'es endormi, il y trop longtemps

je n'ai pas aimé

nous dormons à notre tour

et tu ne m'en voudras pas si je te promets que nous allons tout faire 

pour nous réveiller

vite

prépare toi

car de là-haut tu vas sans doute l'entendre 

ce boucan planétaire qui se prépare

ce jour là

tu vas aimer


je t'aime toujours

fratello mio


vendredi, septembre 18, 2020

new kid in town




photo by Maxwell Granger


ETHAN P. FLYNN 

Jeune gars (à peine 21 ans) né dans le Yorkshire 

basé à Londres depuis qu'il quitte l'école, à 18 ans

participe  activement à la jeune scène Londonienne 

(co-auteur de certains titres sur l'album de FKA Twins, 

s'affiche auprès d'autres artistes tels que Slowthai ou Vegyn)

et se décide rapidement à publier sous son propre nom

enregistre un premier album pour le label Young Turks

"B-sides and rarities"

dont les titres à eux seuls méritent le voyage

"Everybody's dying to meet you"

"Are you doing this to hurt me"

et d'où est tiré cette mélancolique douceur que voici

"what you do to me"

elle n'est pas la meilleur,

car elles sont toutes merveilleuses

mais c'est le dernier single en date

une lointaine parenté avec Badly Drawn Boy

dans l'art d'écrire des petites choses plus grandes que la vie

en quelques notes

et en quelques mots

aussi



jeudi, août 27, 2020

Âme câline



Un supplément d'âme pour clore cet été hors du commun
Soul estampillée 2020
cette année n'aura pas été vaine
Arlo Parks,
un père nigérien, une mère moitié tchadienne/moitié française
elle grandit néanmoins à Londres
elle héritera, de sa mère le spleen de Brel ou de Piaf
Fela Kuti, Charles Mingus, Coltrane ou Miles Davis, de son père,
et d'une belle collection de vinyles du tonton
elle se nourrit autant de hip-hop (the roots) que de jazz et de soul (Aretha Franklin, Al Green)
c'est Lily Allen qui entend son premier titre (Cola) à la radio,
tombe sous le charme,
et partage à qui veut l'entendre
(la bonne fée)
Arlo Parks écrit "super sad génération" mais le titre est trompeur,
"il y a beaucoup à dire sur cette génération Z c'est vrai, mais elle est aussi vibrante, super créative et porteuse de plein de bonnes choses".
aucun doute

en boucle sur ma platine
jusqu'au prochain confinement
et au delà



samedi, juillet 25, 2020

Expresso



































voilà Goa Express,
jeunes lads de Burnley (Angleterre),
James douglas Clarke (guitares)
Joey Stein (guitares)
Joe Clarke (clavier)
Naham Muzaffar (basse)
Sam Launder (batterie)

leur fougue fait des miracles,
comme ce titre Goa 
qui pourrait ressembler à tant d'autres
mais qu'ils balancent à fond de cale
comme si leur vie en dépendait
et explosent l'affaire en 1 minute 40 chrono

et ça fait toute la différence

c'est court
mais c'est bien assez pour faire chavirer les premiers rangs

C'est de leur âge

lundi, juillet 20, 2020

GIRL POWER



Los Bitchos!

Serra Petale (ça ne s'invente pas), guitare lead
Carolina Faruolo, guitare
Josephine Jonnson, basse
Nic Crawshaw, percussions,
et Augustina Ruiz au keytar

Jeunes pousses britanniques (à peine deux années d'activité au compteur)
proposent des instrumentaux proches de l'esprit Venture, shadows, etc..(vous saisissez?)
mâtinés de cumbia,
voire de garage rock psychédélique
(dans l' esprit, plus que dans la facture, mais c'est déjà beaucoup)

Les jeunes filles ont choisi (ou l'inverse, allez savoir) Alex Kapranos (Franz Ferdinand) pour peaufiner leurs méfaits

J'y ai trouvé une parenté joyeuse avec le tant aimé "Egyptian Reggae" du vénéré Johnatan Richman (et ses Modern Lovers), qui nous avait fait oublier, en cette année 1977, l'espace d'un instant, la fureur du Punk naissant

Et comme cette année, plus qu'aucune autre auparavant, la rentrée est plus qu'incertaine pour chacun des êtres vivant sur cette planète,  je vous propose une alternative à la déprime, dans un baroud d'honneur et avec l'aide de ces jeunes filles exemplaires

Dansons sous le soleil jusqu'à perdre haleine
Tant qu'il nous reste du souffle


jeudi, juin 11, 2020

Bas les masques





(photo: Paul Bachmann)

Fontaines DC,
qui avait déjà posé une mini bombe dans ces pages,
à l'époque,  avec un extraordinaire "big", et sa vidéo radicale,
c'était il y a un peu plus d'une année,
et ils étaient encore peu de choses,
mais déjà brillants,
depuis, ils ont intégré (entre autre) la playlist de FranceInter,
(oui, oui, testé cet après-midi sur le parking du fameux Intermarché de Magny.
bonne adresse)
c'est vous dire le chemin parcouru.

parfaite chanson d'amour
post confinement,
s'il fallait ponctuer cette période trouble,
ces énervés Dublinois ont trouvé les mots,
(écoutez ce texte, traduisez-le si nécessaire,
c'est beau comme du Lalanne
enfin, presque)

ils reviennent,
et nous rappellent à quel point le rock (gros mot)
est moribond
puisqu'à part eux, et une poignée d'aficionados,
..hum, hum

Mais ces furieux irlandais bossent aux Urgences,
et maitrisent les soins comme personne,
raniment la bête,
pour un nouveau chapitre!
C'est la fête.
applaudissements (fournis) aux balcons

Fontaines DC est leur nom
A hero's death
leur nouveau fait d'armes,
et je pèse mes mots.



vendredi, mars 06, 2020

Beau Bizarre

Photo @Stay Awake/Livy Bertrand

Voilà le parfait combo qui additionne, sans vergogne,
tout ce qui, d'ordinaire,
m'encourage à passer mon chemin:

en français dans le texte
-ouch, périlleux
(mais bravo d'essayer)

pratique l'hommage sixties,  et dansant
-aïe, comme tant d'autres
(il doit y avoir une raison)

blouson doré
-pfff, Anna, fille cadette de Le Clézio
(mais restons objectifs)

après the Liminanas, qui surfent sur la même vague rétro/tiède
(un peu surestimés, à mon goût)
voici la nouvelle coqueluche des playlists Radio Nova:
Juniore

Et bien soit
en ce mois de mars humide à pleurer
ne boudons pas la chose
et laissons-nous aller
en attendant des jours meilleurs
et qui sait, il se pourrait qu'ils soient encore à tourner sur nos platines
aux premiers rayons de soleil

Anna Jean, voix et textes
(conception pochettes, et vidéos)
Swanny Elzingre, aux tambours
et Samy Osta, musicien producteur
(qui travaille pour La Femme ou feu ! Chatterton, par ailleurs)

pour illustrer le propos
cette petite chose mi-Morricone, mi-B 52's
On a aimé pire


vendredi, janvier 17, 2020

sous le soleil, exactement


Drôle de nom, "Jaialai" pour ce combo de Miami (Floride), qui pratique un léger rock garage teinté shoegaze, voire afro-cubain (voisins), que le commun des mortels (paresseux) résumera par psyché.
Soit,
Effaçons l'étiquetage d'usine et jugeons par nous-mêmes:
Cette contrebasse (Mario) qui chaloupe et ondule cette petite chose, de bout en bout,
sur une rythmique fidèle et régulière (Ricky)
le tout nappé des guitares cristallines d' Oscar et Mario,
transporte la voix éthérée de Jovi pour un voyage de 3 minutes 14.
Il n'en faut pas plus pour faire passer la Floride,
de
terre d'accueil pour retraités fortunés,
à
nouvel eldorado indie de la côte Est.
C'est dingue ce qu'on peut faire en 3'14".
D'accord,
c'est exagéré.
Mais
ces gars là..
s' ils persistent
et se reproduisent,

sait-on jamais.




lundi, décembre 30, 2019

NOUBA



C'est l'heure du bilan
Où nous constatons que l'année fut, somme toute, intense
Serrée
Avec, une fois encore, des jeunes à crans
Et des moins jeunes toujours sur la brèche
Et,
en moins de temps qu'il ne faut pour remplir les deux faces d'un vinyle 80 grammes,
2019 tire sa révérence, et nous laisse sur les rotules
C'est bien
C'est court
Mais c'est bien

Demain,

il vous faudra une compile
pour danser moins cons
dans vos boots anglaises

C'est cadeau
Ça fait plaisir
Meilleurs voeux

dimanche, décembre 15, 2019

valley's calling


(photo Pennie Smith)


Mi décembre1979.
J'occupais fièrement mon premier appartement,
rue Marchant, à Metz.
Pas de chauffage,
les toilettes dans le jardin,
l'électricité 110v,
un évier,
eau froide.
Le punk vivait bravement ses dernières heures.
et j'avais l'impression de le suivre.

J'appelais la vallée pour prendre des nouvelles,
et ce jour là, mon frère agrippa le téléphone pour m'annoncer
la sortie d'un nouvel album des Clash.
Qu'il fallait ABSOLUMENT que j'écoute.
London Calling avait déjà changé sa vie,
et allait rapidement
(à la première écoute)
changer la mienne.
Après les années explosives,
d'un mouvement radical et violent,
les Clash ouvraient une brèche, en jetant un oeil furtif dans le rétro,
histoire de repêcher quelques anciens qui trouvaient grâce à leurs yeux.
Ce sera Montgomery Clift (The Right Profile)
Vince Taylor (Brand New Cadillac)
ou encore Guy Stevens, producteur de l'album,
qui avait travaillé avec Mot The Hoople et The Faces.
En mêlant aux riffs rageurs des débuts,
des éléments Rockab', dub, folk et (presque) jazz,
le punk pouvait espérer un futur.
Ce grand disque foisonnant ouvrait la voie.
Je n'entendrai plus jamais mon frère s'exciter autant sur la sortie d'un album.
Inoubliable.

Le disque se raya définitivement
pour lui
23 ans plus tard.
Mi décembre 2002.

Et aujourd'hui, en écrivant ces lignes,
London Calling résonne précisément dans ma tête.
Alors j' ai 19 ans,
et mon frère, 20.
Et je suis heureux
que nous soyons à nouveau ensemble.

tell your ma,
tell your pa,
everything's gonna be alright
(Revolution Rock)

Salut Pipo,
je pense à toi, cet hiver
et au printemps tu seras encore là,
puisque je ne t'oublierai jamais.

Je ne vous oublierai jamais.
Toi,
et cet appel.



dimanche, novembre 17, 2019

la fête de fin d'année


L'automne est morose,
comme il se doit.
La fatigue, d'une fin d'année laborieuse, se fait sentir.
L'humeur est au plus bas.
Et,
cerise sur le gâteau sec,
pas une nouveauté
qui ne séduise mes esgourdes depuis l'été.
depuis l'été?
Pfff,
alors je me retourne,
rebrousse chemin,
et retrouve l'histoire là où je l'avais laissée.
Et c'est tant mieux,
car il y a du nouveau..

Sans avoir l'air d'y toucher,
du fond d' un canapé,
une bière à la main,
ces branleurs, qu'on avait quittés en formes,
nous donnent encore de quoi rêver.
Généreux.
Des rêves en carton, certes.
Mais des rêves tout de même.
Honkies,
qu'on ne présente donc plus, puisqu'ils ouvraient le bal (ici) en ce début d'année,
nous reviennent, en pleine saison des guirlandes, comme pour nous rassurer.
Tout n'est pas perdu.
Ils ont les ingrédients (à la louche) et la bonne recette (griffonnée).
Il n'y a plus qu'à mettre le feu (au sapin).
On dit merci.