jeudi, janvier 12, 2023

FEEDBECK


1944-2023

Un monarque s'est éteint

Geoffrey Arnold Beck, dit Jeff Beck

(photo:Paul Natking)

«Cela peut nuire, probablement. Mais je ne suis pas le genre d’artiste à peindre la même nature morte tous les jours. La guitare permet un nombre infini de variations. Elle n’a jamais le même son. Tout dépend de la façon dont vous la touchez. C’est un instrument magique, j’essaie d’en explorer toutes les possibilités» (Libération. 2021)



mardi, décembre 20, 2022

Pipo, a message to you




















(photo; Chalkie Davies)

Et donc nous y sommes

vingt années 

se sont écoulées depuis ton départ

fratello mio

et cet hiver, de ce triste anniversaire, ne nous réserve que peu de bonnes surprises

le crabe a emporté Wilko Johnson

héros de ce sport que nous pratiquions dans les sous-sols d'un vieux cinéma de quartier

au creux de la vallée

par tous les temps, les amplis à fond, sans doute pour nous réchauffer

nos presque vingt ans

Les Argentins ont emporté la coupe

de ce sport que nous pratiquions par tous les temps, et même, je m'en souviens, dans la neige

sous les couleurs du Football Union Club de Knutange

(F.U.C.K. imprimé sur nos maillots)

nos à peine vingt ans

une "brève maladie" a emporté ces jours-ci Terry Hall 

leader des Specials

qui nous faisait danser par tous les temps, nos pork pie hat vissés sur le crâne

sur ce ska endiablé qui avait montré une issue au no-futur du punk encore incandescent

nos vingt ans

cette vingtaine,  un siècle ressenti, a rempli notre réservoir à souvenirs pour les décennies à venir

au regard de cette époque bénie, vingt années, c'est une éternité

et pourtant, c'est parfois peu

vingt années se sont écoulées depuis ton départ

et pourtant j'entends encore ta voix, ton rire, les notes sorties de ta guitare. comme si c'était hier

et ça me va très bien

je veux bien oublier le reste 

toi je te veux encore à mes côtés

pour quelques années

une éternité

à nouveau

fratello mio

ti bacio








mercredi, novembre 23, 2022

BACK IN THE NIGHT


( photo: Gus Stewart)


Il reste peu de monde autour de moi pour partager le souvenir de ce grand seigneur ( saigneur?) du pub rock, du rock British...du rock tout court, en fait.

Qui se souvient de lui?

Pour qui a-t-il vraiment compté?

Une poignée d’amis (pas les plus jeunes, certes), mais parmi les meilleurs !

Ceux qui, comme moi, sont passés de la bougie à l’électricité, en un album! 

Pas le premier, Down By The Jetty (des bons Dr. Feelgood), qui n’était pas parvenu à nos oreilles , mais le second Malpractice  qui atterrit sur nos platines en cette année 1975.

Électrochoc !

Et, parmi ce quatuor de prolos surexcités, celui qui, de ses bonds sur scène, dépassait d’une tête ses camarades,

et redéfinissait les règles du guitariste de rock: Wilko Johnson.

Contrairement à la génération précédente, 

ce type n'était pas un guitar hero 

juste un jeune type nerveux,

comme nous , 

prêt à en découdre, 

comme nous, 

infatigable, 

comme nous.

Et qui avait, avec ses copains, l'insolence de redéfinir le monde en trois accords. 

Mais les bons.

Son jeu, inspiré de Mick Green et ses Pirates, était mordant, incisif, tranchant comme une lame,

et le son de sa Telecaster percutait chaque syllabe de l’enfant terrible au chant : le grand Lee Brilleaux


En 1975, ils étaient les plus forts.

Parce qu'ils avaient faim.

Alors ils ont dressé la table 

et nous ont becquetés tout crus.

Et le mouvement punk,

déjà   prêt à la renverser,

(la table)

attendait son tour ( une question de mois…1976/77)

Mais avant de passer à l’arrière plan du déferlement «  no future », 

ils ont tenté de braquer la caisse, histoire de se payer de nouveaux costards

de meilleur qualité 

plus confortables

ils ont tenté. 

À grands coups de concerts explosifs et de tournées sans fin.

Mais il faut croire que le confort n’était pas au programme.

Ils resteront les beautiful losers, les majestueux seconds couteaux de cette belle épopée du rock british.

Wilco a bien tenté une carrière solo. 

Droit dans ses bottes. 

Avec une constance admirable. 

Et toujours ce son inimitable

qui l'accompagnera, malgré la maladie, jusqu'à son dernier souffle, sur les scènes qu'il continuait à fouler. Infatigable.

Triste nouvelle.

Tu as été la première bande-son de notre adolescence. 

Et je le sais aujourd'hui, 

un demi siècle plus tard,

cette bande-son ne nous quitte jamais.




mardi, octobre 25, 2022

Quasi parfait


après 9 longs mois de sommeil

mon blog adoré reprend des couleurs

pour annoncer 

le nouveau né de mon duo préféré 

(après BigFlo et Oli)

The Quasi

(couple sonic, from Portland, depuis 1993!)

Il aura surtout fallu que je réveille ce Blog pour de bonnes raisons

puisqu'il faut bien l'avouer, la denrée est rare

(du moins

celle qui séduit mes esgourdes)


un nouvel album donc

annoncé par un nouveau single

titre imparable

presque trop produit

mais les vaches sont maigres

et notre duo a faim

il met donc les bouchées doubles

et le résultat est épatant

merci pour ce moment

merci pour ce rappel à l'ordre

merci de secouer cet automne trop doux pour être honnête

et

revenez quand vous voulez

nous sortirons de notre torpeur pour vous accueillir

mon blog et moi

plus

quelques amis

toujours plus nombreux






mardi, janvier 04, 2022

best of














la compile d'une drôle d'année

qui ne nous aura donné qu'à de rares occasions l'envie de danser

la compile la plus courte de l'histoire des compiles, donc

15 minutes

de quoi faire une vaisselle

ou promener son chien

vider une boite de chocolats, que sais-je

à vous de voir

moi c'est tout vu

c'est mon chien qui fait la vaisselle


ici:


https://soundcloud.com/zzm/sets/blog-96?si=eafca1e3bc944f5494d3ccd27356aaf9&utm_source=clipboard&utm_medium=text&utm_campaign=social_sharing



lundi, décembre 20, 2021

while my guitar gently weeps

































tu vois
fratello mio
ce petit homme qui descend fièrement l'escalier de l'appartement de son père
une guitare à la main
tu vois cet étui
tu devines cette guitare
cette Epiphone que tu m'as confiée
malgré toi
malgré moi
il y a bientôt 20 ans
jour pour jour
cette guitare et toutes ses petites soeurs
puisque depuis cette froide nuit d'hiver 
tu n'allais plus jamais y toucher
ce petit homme
figlio mio
il descend fièrement l'escalier 
une guitare à la main
une guitare
que je lui ai confiée
celle de son oncle qu'il n'a pas connu
dont je lui ai beaucoup parlé
il s'en va fièrement à la première répétition
de son premier groupe
il a l'âge que nous avions
quand nous avons commencé
fratello mio
il y a une éternité
avec quelques amis 
nous plaquions les mêmes accords 
sur ces manches en bois
avec rage 
et ce fut comme une révolution dans les quartiers
qui dormaient depuis trop longtemps
tu vois
de là haut 
ce petit homme qui a un peu de ton sang dans les veines
s'accroche aux cordes de cette guitare avec la même impatience
et pourrait bien nous étonner toi comme moi
sur cette petite scène de collège
en cette fête de fin d'année
qui ressemblera à n'en pas douter
à cette première scène d'école primaire 
où nous avons croisé le fer pour la première fois
tu t'en souviens
fratello mio
il y a une éternité
je l'aime ce petit homme
comme je t'ai aimé
et comme je t'aime encore
infiniment
le grand jour n'est pas loin
où le petit homme donnera ce premier concert
et je sais déjà que j'aurai du mal à retenir mes larmes

pour un frère disparu
mais pas tout à fait
une guitare qui s'est tue
mais pas tout à fait

love



mercredi, août 18, 2021

Never Mind



@janinevphoto

Wunderhorse

c'est le nom du nouveau projet solo de Jacob Slater

ancien frontman des Dead Pretties

groupe post-punk éphémère rangé des vélos il y a quatre ans

d'après ses propres dires, l'ami Jacob Slater, livré à lui-même

s'orienterait vers une écriture plus apaisée 

tout est relatif

à en juger par le premier extrait de cette nouvelle aventure: Teal

deux accords

rien de trop

mais de la conviction

comme il faut

bravo


(pour la petite histoire

 Jacob interprète le batteur des Sex Pistols, Paul Cook

dans le prochain biopic réalisé par Danny Boyle

mais je me doute que ce genre d'info n'intéresse 

que les vieilles carnes de boomers

-dont je fais partie

-malgré moi

-fuck off)









mardi, avril 20, 2021

On dirait le sud















(photo Annie Tobin)

Le multi-instrumentiste-producteur Miles Romans-Hopcraft 

originaire du sud de Londres

aka WU-LU

incorpore dans un melting-pot hybride en constante évolution 

des ingrédients de funk, soul, voire jazz 

à des sons hip hop chahutés par un punk radical

c'est nerveux

jamais convenu

et pourtant évident dès la première écoute

comme ce dernier titre en date "Times"

Puissant

WU-LU se définit comme : "quelqu'un qui aime créer sans slogan ni genre"

Il reste néanmoins proche du mouvement Black Lives Matter et déclare :

«Je suis une personne de couleur. Je serai toujours une personne de couleur 

Je parlerai toujours de ce point de vue

Je fais ce que je fais à travers mes propres expériences

Si cela a un caractère politique, qu'il en soit ainsi 

mais je n'essaie pas ouvertement de faire de déclarations politiques"


nous non plus

(pas ouvertement)

une déclaration d'amour

tout au moins

pour ce bel OVNI


















samedi, mars 06, 2021

Le banjo de Bristol










Kate Stables et son banjo, tous deux originaires de Bristol forment, 

avec l'aide de quelques amis, le groupe de folk rock This is the Kit

Le premier album est produit, à Bristol, par John Parish (qui en a produit d'autres, Eels, Giant Sand, et quasi toutes les notes de PJ Harvey)

Le deuxième album est rempli d'invités dont Jim Barr, bassiste de Portishead (Bristol, toujours)

This is the kit signent en 2017 sur le label Rough Trade 

et voici déjà le cinquième album dont est issu cet entêtant single:

this is what you did

sorti l'été 2020 

mais toujours d'actualité

puisque le monde s'est arrêté 


et s'il doit tourner à nouveau,

le monde,

ce sera peut-être accompagné d'un banjo

à Bristol, c'est chose sûre


dans mon salon

aussi

(photo-Coolen Caroline)







samedi, janvier 30, 2021

Velocità










Puisqu'il s'agit d'aller vite
pour nous éloigner d'une bestiole virale
d'une vilaine météo
d'un week-end pourri
d'un isolement pesant
d'un ras le bol général, il me semble 
voici la bande son de votre course:
Le Goa Express
qu'on avait déjà croisé l'été dernier
qui allait déjà vite
et qui n' a pas perdu le sens du rythme

ça fuse
à toutes berzingues
c'est plein de morgue
et de morve au nez
de bière
et de guitares
et comme disait le brave Raymond Carver:
c'est pas grand chose, mais ça fait du bien
Atchao
bonsoir





jeudi, décembre 31, 2020

NON ESSENTIEL

Il aura suffit d'un oursin malveillant

minuscule

mais très motivé

pour nous plonger dans l'obscurité totale

de longs mois

avec pour certains

dont je fais partie

le fâcheux sentiment d'avoir fait des choix de vie discutables

au service de...hum, hum, l'expression artistique

pour faire court

dont la terre entière semble pouvoir se passer

et pourtant il y avait du monde au balcon, cette année (re-hum hum)

pour échanger, partager, exprimer cette furieuse envie de musique, 

de chansons, de textes, de performances, de sons,  de joutes, 

ou de blagues libératrices dont ces longs moments de cloisonnement nous privaient.

Certains ont, tant bien que mal, essayé de proposer du neuf

mais ils n'étaient pas nombreux

j'ai retenu ceux qui avaient réussi à me sortir de ma torpeur

et les voici compilés pour clore cette mortelle année

qui ne nous aura fait aucun cadeau

Si le coeur vous en dit

voilà de quoi danser 

en boucle

toute la nuit

puisqu'il nous est interdit de nous croiser

avant l'aube

avant des jours meilleurs


https://soundcloud.com/zzm/compile-extraordinaire-2020?in=zzm/sets/blog-96




mardi, décembre 15, 2020

ESSENTIEL












fratello mio,

Il y a 18 ans déjà

tu rentrais d'un concert

tu prenais un dernier verre

et tu t' endormais 

dans ce bar où je t'ai retrouvé en pleine nuit

Il y a quelque chose en moi qui n'a jamais quitté cette nuit

18 ans plus tard, ce sont les concerts qui se sont endormis

tu n'aurais pas aimé 

Cette pandémie qui a fait se taire depuis de longs mois tout ce pour quoi tu vivais

Je t'imagine, pour y avoir pensé

rire de ce confinement que tu t'étais naturellement imposé depuis ton enfance 

depuis ce jour où tu as découvert cet instrument que tu ne quitteras jamais

et avec qui tu t"es isolé des heures, des mois, des années

pour devenir ce musicien exceptionnel

mais 

ne pas pouvoir partager avec d'autres ce répertoire qui s'étoffait de jours en jours,

pfff

tu n'aurais pas aimé

alors 

nous aurions peut-être échangé quelques notes par écrans interposés

nous aurions bien trouvé une combine pour partager un peu 

cette musique qui nous reliait depuis toujours

les salles de spectacles se sont tues, 

et les estrades au fond des bistrots restent vides

tu n'aurais pas aimé

tu t'es endormi, il y trop longtemps

je n'ai pas aimé

nous dormons à notre tour

et tu ne m'en voudras pas si je te promets que nous allons tout faire 

pour nous réveiller

vite

prépare toi

car de là-haut tu vas sans doute l'entendre 

ce boucan planétaire qui se prépare

ce jour là

tu vas aimer


je t'aime toujours

fratello mio


vendredi, septembre 18, 2020

new kid in town




photo by Maxwell Granger


ETHAN P. FLYNN 

Jeune gars (à peine 21 ans) né dans le Yorkshire 

basé à Londres depuis qu'il quitte l'école, à 18 ans

participe  activement à la jeune scène Londonienne 

(co-auteur de certains titres sur l'album de FKA Twins, 

s'affiche auprès d'autres artistes tels que Slowthai ou Vegyn)

et se décide rapidement à publier sous son propre nom

enregistre un premier album pour le label Young Turks

"B-sides and rarities"

dont les titres à eux seuls méritent le voyage

"Everybody's dying to meet you"

"Are you doing this to hurt me"

et d'où est tiré cette mélancolique douceur que voici

"what you do to me"

elle n'est pas la meilleur,

car elles sont toutes merveilleuses

mais c'est le dernier single en date

une lointaine parenté avec Badly Drawn Boy

dans l'art d'écrire des petites choses plus grandes que la vie

en quelques notes

et en quelques mots

aussi



jeudi, août 27, 2020

Âme câline



Un supplément d'âme pour clore cet été hors du commun
Soul estampillée 2020
cette année n'aura pas été vaine
Arlo Parks,
un père nigérien, une mère moitié tchadienne/moitié française
elle grandit néanmoins à Londres
elle héritera, de sa mère le spleen de Brel ou de Piaf
Fela Kuti, Charles Mingus, Coltrane ou Miles Davis, de son père,
et d'une belle collection de vinyles du tonton
elle se nourrit autant de hip-hop (the roots) que de jazz et de soul (Aretha Franklin, Al Green)
c'est Lily Allen qui entend son premier titre (Cola) à la radio,
tombe sous le charme,
et partage à qui veut l'entendre
(la bonne fée)
Arlo Parks écrit "super sad génération" mais le titre est trompeur,
"il y a beaucoup à dire sur cette génération Z c'est vrai, mais elle est aussi vibrante, super créative et porteuse de plein de bonnes choses".
aucun doute

en boucle sur ma platine
jusqu'au prochain confinement
et au delà



samedi, juillet 25, 2020

Expresso



































voilà Goa Express,
jeunes lads de Burnley (Angleterre),
James douglas Clarke (guitares)
Joey Stein (guitares)
Joe Clarke (clavier)
Naham Muzaffar (basse)
Sam Launder (batterie)

leur fougue fait des miracles,
comme ce titre Goa 
qui pourrait ressembler à tant d'autres
mais qu'ils balancent à fond de cale
comme si leur vie en dépendait
et explosent l'affaire en 1 minute 40 chrono

et ça fait toute la différence

c'est court
mais c'est bien assez pour faire chavirer les premiers rangs

C'est de leur âge