mardi, décembre 15, 2020

ESSENTIEL












fratello mio,

Il y a 18 ans déjà

tu rentrais d'un concert

tu prenais un dernier verre

et tu t' endormais 

dans ce bar où je t'ai retrouvé en pleine nuit

Il y a quelque chose en moi qui n'a jamais quitté cette nuit

18 ans plus tard, ce sont les concerts qui se sont endormis

tu n'aurais pas aimé 

Cette pandémie qui a fait se taire depuis de longs mois tout ce pour quoi tu vivais

Je t'imagine, pour y avoir pensé

rire de ce confinement que tu t'étais naturellement imposé depuis ton enfance 

depuis ce jour où tu as découvert cet instrument que tu ne quitteras jamais

et avec qui tu t"es isolé des heures, des mois, des années

pour devenir ce musicien exceptionnel

mais 

ne pas pouvoir partager avec d'autres ce répertoire qui s'étoffait de jours en jours,

pfff

tu n'aurais pas aimé

alors 

nous aurions peut-être échangé quelques notes par écrans interposés

nous aurions bien trouvé une combine pour partager un peu 

cette musique qui nous reliait depuis toujours

les salles de spectacles se sont tues, 

et les estrades au fond des bistrots restent vides

tu n'aurais pas aimé

tu t'es endormi, il y trop longtemps

je n'ai pas aimé

nous dormons à notre tour

et tu ne m'en voudras pas si je te promets que nous allons tout faire 

pour nous réveiller

vite

prépare toi

car de là-haut tu vas sans doute l'entendre 

ce boucan planétaire qui se prépare

ce jour là

tu vas aimer


je t'aime toujours

fratello mio


3 commentaires:

Patrice a dit…

Salut Olivier. Chaque 15 décembre
j'ai une pensée pour ton frangin Pipo. Chaque 15 décembre je lis le bel hommage que tu lui rends
et qui me fait monter les larmes à chaque fois. Je t'embrasse.

jasko a dit…

Des Gros Bizouz...

kill a dit…

hello Olivier toujours émouvant cet hommage du 15 décembre ...
p'tain 18 ans déjà !! mais Pipo est toujours présent dans mes pensées, dans mes rêves !! et on va encore faire du bruit pour lui, à jamais !!
bises
Kill